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Politique

Elections présidentielles au Bénin : 36 candidats pour 1 fauteuil

Ils seront 36 candidats pour le premier tour de la présidentielle de février 2016 au Bénin. La Commission Electorale Nationale Autonome a rendu public à travers un communiqué la liste des candidats ayant été régulièrement retenus par la Cour Constitutionnelle.

Le premier tour de l’élection présidentielle est impérativement fixé au 28 février. A quelques jours de cette échéance, la Commission Electorale Nationale Autonome a publié la liste définitive des candidats ayant passé les différentes mailles à savoir payer la caution des 15 millions, déclarés aptes après la visite médicale et n’ayant été l’objet de recours près la Cour Constitutionnelle. De ces 36, on y retrouve un peu de tout.

Les habitués

Elle est en passe de devenir la doyenne des candidats à l’élection présidentielle au Bénin. Me Marie-Elise Gbèdo, en l’absence de Adrien Houngbédji et Bruno Amoussou, reprend son bâton de pèlerin pour une 3ème fois. Pour avoir titillé le Général en 2001 et Boni Yayi en 2006, l’Amazone croit dur comme fer qu’elle est faite pour le job. A ses côtés le frère de l’autre, le ‘’Boumba Boumba national’’. Gatien Houngbédji fait son chemin de croix présidentiel en participant pour la 4ème fois à une élection présidentielle, du moins le 1er tour. Noyé dans son Haut-commissariat à la solidarité nationale, Gatien Houngbédji fera certainement ses adieux à cette pratique si chère à Pierre de Coubertin : L’essentiel est d’y participer…

Les déçus

Ici se retrouve la marmaille de ceux qui ont certainement une dent contre le chef de l’actuel exécutif, Boni Yayi. Pour la plupart ce sont les déçus des Forces Cauris pour un Bénin Emergent, qui ont nourri le rêve de se voir désigner dauphin ou ne serait-ce privilégié dans cette course à la Marina. Ils ont pourtant fait les beaux jours au cours de ces dix dernières années, d’aucuns ont mis leur matière grise à disposition, d’autres leur savoir-faire pour aller chaque fois au charbon et défendre bec et ongle Boni Yayi. D’autres ont carrément oublié les préceptes de leur formation d’origine. Bako Arifari, Marcel de Souza, Chabi Sika karimou et autres Jean-Alexandre Hountondji. Ils savent qu’ils ne seront pas élus, mais ils y vont pour se faire valoir. Ils seront plus déçus qu’avant.

Les nostalgiques du pouvoir

Ils sont un certain nombre qui ont goûté au plaisir de la gestion de l’Etat avec toute leur énergie possible. Pour avoir participé activement à la gestion de l’appareil d’Etat, ils pensent intérieurement et aussi sérieusement que beaucoup de choses peuvent changer si la gouvernance avait été d’une autre manière. Parmi ceux-là, se trouve Isifou Kogui N’Douro, qui prend sur lui les errements du système Yayi, mais qui propose une autre gouvernance (lire son interview à la page 3). Zulkifl Salami, se retrouve aussi parmi les nostalgiques pourtant il a passé ses 15 dernières années à tutoyer les différents présidents du Bénin.

Les inconnus

Ils sont peut-être connus, mais inconnus dans la sphère politique. Ils viennent pour montrer leur beau visage ou leur connaissance parcellaire de la gouvernance parce qu’ils rêvent changer le destin confus de leur nation. Mais en politique faut-il rêver et penser pouvoir être. L’expérience de Me Adrien Houngbédji doit édifier ces derniers. On peut avoir les plus belles idées du monde, la réalité est tout autre et cela, dame Elisabeth Agbossaga ne devrait normalement pas venir grossir le rang des inconnus. Elle ne verra pas comme Zacharie Goudali ou encore Omer Guézo, la couleur des 15 millions partis en fumée très tôt.

Les « gros bras »

Ils ont été traqués, traînés, vilipendés, combattus parce qu’ils sont des opérateurs économiques. A eux deux, toute la classe politique vient manger dans leur main. Et leur présence est comparable à un diable qui pénètre dans un bénitier. Sébastien Ajavon et Patrice Talon, focalisent toutes les attentions de cette présidentielle. Ils sont des hommes d’affaires novices dans une course présidentielle comme Lionel Zinsou, banquier d’affaires qui connait la chanson, la chance n’a qu’un seul cheveu. Ce dernier bénéficie d’un mariage loin d’être incestueux, mais séculairement contre nature à savoir le Prd et la Rb, pour couronner une vieille vengeance familiale, son oncle ayant été chassé du pouvoir…l’histoire va-t-elle se répéter avec le ‘’Yovo’’…

Les uns et les autres

Ils sont nombreux à vouloir jouer les trouble-fête. Et dans ce lot, on n’en trouve. Drame familial, héritage politique du vieux, les constitutionnalistes, les reconvertis lettrés, les deux petits tours et puis s’en vont…ils sont peut-être logés à la bonne enseigne pour mieux monnayer leur gain politique pour ne pas dire le gain de leur club électoral. Beaucoup d’entre eux ont déjà préparé la déclaration au soir du premier tour s’il y en a. un discours pour vite négocier la caution déposée au trésor public.

Avec ces 36 candidats, les électeurs n’auront pas du mal à faire leur choix certes, mais il devient nécessaire de fixer très rapidement le nombre de candidats à avoir pour une élection présidentielle. Le quartier latin de l’Afrique ne doit en aucun cas devenir le quartier…crétin.

Ghyslain-Euloge NANGA