Plus de doute, les alliés politiques, Patrice Talon et Sébastien Ajavon, ont entamé la rupture de la grande coalition Rupture. Depuis ce vendredi 28 octobre 2016, le candidat à l’élection présidentielle de 2016, l’opérateur économique Sébastien Germain Ajavon est impliqué dans une affaire de cocaïne [sic], et selon ce dernier c’est un montage politique.
Nous sommes à 7 mois après l’entame du quinquennat du Président Patrice Talon. Serait-il déjà trop tôt pour que la grande coalition de la Rupture ait une grosse fissure sur l’une de ses fondations ? Depuis le vendredi 28 octobre 2016, les accusations à peine voilées du candidat Sébastien Ajavon, interpellé et gardé à vue 72h durant dans une affaire de drogue, sont-elles à prendre à la légère ? Au cours d’une conférence de presse (ndlr : www.filinfos.info/vidéo), donnée quelques minutes avant son interpellation, Sébastien Ajavon disait déjà : «Il parait que quand on rentre en politique, il y a des coups qu’on reçoit et c’est quand même étonnant… ». Le Président du Patronat avance ainsi que cette affaire de drogue est un ‘’coup politique’’. Il pouvait donc s’attendre à toute autre machination autre que politique de la part de son allié, opérateur économique comme lui. Et un peu plus loin dans sa déclaration, il avance : «Si Yayi n’a pas pu me faire peur, ce n’est pas vous qui me feriez peur. ». Le parallélisme des formes dans cette portion de phrase prouve bien qu’il s’adresse à l’administration Talon, pour ne pas dire qu’il s’adresse intuiti personae à Patrice Talon. Connaissant le poids politique en termes de suffrages à l’élection de Talon à la magistrature suprême, on comprend aisément cet affront verbal du magnat de la volaille envers l’ex magnat du coton.
Patrice Talon, depuis son investiture s’est séparé en toute finesse des autres membres de la coalition, si ce n’est Abdoulaye Bio Tchané et Pascal Irenée Koupaki qui apparaissent comme des épouvantails à ses côtés. Dans des conversations privées, il avait déjà qualifié les ministres envoyés par Sébastien Ajavon de ‘’manchots’’. Il a réduit les marges de manœuvres de ces derniers, confinant la ministre de la Communication et de l’économie numérique dans un système administratif, parce que tous les ordres lui venaient du Palais de la Marina. Le ministre en charge du coton, à force de subir, s’est presque déjà démarqué de la vague bleue qui l’a envoyé au gouvernement. S’il s’avérait vrai que cette affaire de drogue a des relents politiques, c’est clair que Patrice Talon devient le seul maître à bord du navire.
Sébastien Ajavon affaibli politiquement présage d’une nouvelle ère politique. Ses ambitions de pouvoir succéder à Patrice Talon pourraient s’évaporer définitivement. Abdoulaye Bio Tchané ayant été atteint du syndrome ‘’Houngbédji’’ et qui voit sa côte de popularité baissée entre les deux dernières élections présidentielles, Pascal Irenée Koupaki, lui aussi réduit à ne lire que les comptes rendus des Conseils ministres, sont proches de Patrice Talon, parce qu’il entend mieux les étouffer.
Il y a donc une rupture qui se profile à l’horizon de la grande coalition Rupture, parce que les plus gros alliés auraient été divisés par une affaire de poudre.


