A peine la Commission électorale nationale autonome, institution en charge de l’organisation des élections, a-t-elle donné le coup d’envoi de la campagne électorale en vue de l’élection présidentielle du 12 avril prochain, que le candidat Romuald Wadagni et sa colistière Mariam Talata, sont rentrés dans l’arène. Ils ont parcouru des centaines de kilomètres pour donner le ton.
Kandi. Ville située au nord-est du Bénin et à 608 kilomètres de Cotonou, dans un décor sécuritaire particulier. C’est en ces lieux que le duo Romuald Wadagni – Mariam Talata, a tenu le pari politique de lancer sa campagne électorale aux premières heures de ce vendredi 27 mars 2026.
« Choisir le nord pour ouvrir la campagne, c’est envoyer un signal sans ambiguïté : cette élection ne se gagnera pas uniquement dans les villes côtières. Elle se jouera aussi dans les campagnes, dans les marchés ruraux, dans les quartiers périphériques que les politiques publiques ont trop longtemps regardés de loin », a justifié son équipe de campagne dans un communiqué délivré la veille et parvenu à notre rédaction.
Pour le candidat Romuald Wadagni, le message est clair : montrer « …qu’aucune portion du Bénin ne lui paraîtra trop éloignée pour être laissée en rade au cours du septennat », c’est pour cela qu’il propose « Plus loin, ensemble », un projet de Société qui fera de chaque localité, une ville de splendeur.
En préférant Kandi à Cotonou ou à Porto-Novo, Romuald Wadagni compte montrer que la légitimité ne se construit pas seulement là où se concentrent les caméras, mais là où se concentrent les besoins.
Après la cité des Kandissounon, cap a été mis sur Banikoara, puis à Ségbana, où le candidat Romuald Wadagni pour le compte de cette première journée est revenu en détail sur le projet de Société, Plus Loin, Ensemble.
Sur le plan économique, Wadagni défend un modèle de « croissance inclusive », pensée pour que la richesse nationale irrigue les territoires les plus enclavés. L’accès au crédit pour les petits producteurs agricoles, les artisans et les commerçantes des marchés de brousse constitue l’un des piliers de son programme.
En matière sociale, il promet un renforcement des filets de protection pour les ménages vulnérables, notamment dans les domaines de la santé, de l’eau potable et de l’éducation de base. « La réduction des inégalités territoriales » ne sera pas, selon lui, une simple variable d’ajustement budgétaire mais une priorité de gouvernance et de justice.
Sur le front sécuritaire, conscient des menaces jihadistes qui pèsent sur le nord depuis la propagation du terrorisme au Sahel, Romuald Wadagni s’engage à renforcer la présence de l’État dans les zones frontalières et à investir dans les communautés locales. Il met enfin en avant une gouvernance sobre et exigeante, fondée sur la transparence budgétaire et la lutte contre la corruption.
Et en matière d’industrialisation, il poursuit : « Industrialiser notre pays, c’est pour le bien de nous tous, c’est pour donner du travail à nos enfants, c’est pour permettre que le paysan vende encore plus cher son produit, parce que s’ils le vendent aux industries d’ici, ils pourront en tirer encore de meilleurs prix, mais il nous faut nous asseoir pour voir ensemble les meilleures manières de procéder pour que personne ne sente de frustration. »
Depuis son investiture en octobre 2025, le candidat Romuald Wadagni dément une image facile que l’opinion lui prête : celle d’un technocrate né avec une cuillère en or, formé à l’étranger. Dans ses propos aux côtés des populations de Kandi, Banikoara et de Sègbana, et en invoquant ses souvenirs d’enfance, qui l’ont amené souvent dans le nord, Romuald Wadagni dit implicitement qu’il n’est pas différent du béninois, qu’il a vécu aussi la misère et peut donc gouverner pour le béninois lambda. « Je veux être d’abord le président des plus pauvres », a-t-il lancé.
La présidentielle de 2026 constitue la huitième qu’organise le Bénin. La campagne dure deux semaines et le duo Wadagni – Talata entend écumer tous les hameaux.
Régis de Souza



