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Politique

XVI ème Sommet de la Francophonie : Quand les africains boudent…

Le 16ème Sommet des pays ayant le français en partage, la Francophonie, a pris fin ce dimanche 27 novembre dans la capitale de la Grande île, Madagascar. Outre les activités liées au fonctionnement de l’Organisation Internationale de la Francophonie, OIF, les débats généraux ont tourné autour du thème retenu : "Croissance partagée et développement responsable : les conditions de la stabilité du monde et de l’espace francophone".

Le XVIè Sommet de la Francophonie, Madagascar 2016 a vécu. Le sommet de Madagascar, n’a pas fait le plein en termes de présence des chefs d’Etat et de gouvernement. Dix-sept chefs d’État et de gouvernement étaient présents à la cérémonie d’ouverture. Parmi eux, douze africains. Un faible taux de présence comparativement à Dakar 2014, où ils étaient dix-neuf. La Francophonie africaine, est-elle en crise peut-on se demander rien qu’à voir le calibre des chefs d’Etat qui manquent à l’appel : l’Ivoirien Alassane Ouattara (endeuillé par le décès de son beau-père), du Béninois Patrice Talon, du Guinéen Alpha Condé ou encore du Togolais Faure Gnassingbé. Aucune raison évoquée officiellement pour ces trois. Le président de RD Congo, Joseph Kabila, qui a été vivement  critiqué par Paris ces dernières semaines, est abonné absent. Denis Sassou Nguesso, du Congo-Brazzaville a aussi boudé, parce que reparti déçu du précédent sommet à Dakar en 2014. Le Camerounais Paul Biya et le Malien Ibrahim Boubacar Keïta n’étaient pas présents non plus. Quant au roi du Maroc, Mohammed VI, qui active sa diplomatie pour réintégrer les instances africaines et internationales, pourtant présent à Madagascar, n’a pas assisté à la cérémonie d’ouverture.

Côté débats, le thème retenu : “Croissance partagée et développement responsable : les conditions de la stabilité du monde et de l’espace francophone” a été l’un des points focaux de ce sommet. La Secrétaire Générale, Michaëlle Jean, succédant à Abdou Diouf,  a présenté son rapport après deux ans d’exercice à la tête de l’OIF. A noter dans le sillage du thème de la Conférence sur la lutte contre le terrorisme, et la prévention de la radicalisation violente. La Francophonie, en tant qu’organisation intergouvernementale mais également en tant qu’espace de valeurs et de solidarité, est, comme le reste du monde, confrontée à la montée en puissance du phénomène de radicalisation violente et à sa phase ultime, au terrorisme. Ces dernières années, les actes terroristes ont connu une forte recrudescence dans le monde et ont été de plus en plus meurtriers. Comme l’a montré l’actualité récente, l’espace francophone a, pour sa part, payé un lourd tribut. Les délégations, à travers des débats riches, ont approuvé le rapport. Quant au rapport sur l’état des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone en 2016, des recommandations ont été formulées : Renforcer le dispositif francophone d’accompagnement des États en matière d’élaboration et de révision des textes fondamentaux, Soutenir les actions des États, des partis politiques et de la société civile dans la promotion de la culture du constitutionnalisme démocratique, Renforcer le partenariat entre la Francophonie et les autres organisations internationales sur les questions liées au constitutionnalisme.

A noter qu’Antananarivo à enregistrer de nouveaux membres, La Corée, l’Argentine, la Nouvelle Calédonie et l’Ontario.

 

Envoyé spécial à Madagascar,  Régis de Souza.