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Politique

Paix et développement durables en Afrique : Me Martin Hounkanrin parle du mandat unique

Le développement du Bénin et de l’Afrique ne préoccupe pas que les acteurs politiques. La problématique était au cœur d’une cérémonie de lancement de l’ouvrage Mandat présidentiel unique de cinq ans, la clé de l’alternance politique pacifique en Afrique. L’auteur, Me Luc Martin Hounkanrin a voulu mettre en exergue le lien entre l’alternance politique et le développement de l’Afrique.

Une structure classique en trois parties pour exposer une problématique cruciale pour le continent africain. C’est le plan autour duquel est articulé l’ouvrage présenté au public Luc Martin Hounkanrin. Intitulé « Mandat présidentiel unique de cinq ans : la clé de l’alternance politique pacifique en Afrique (Paix et développement durable en question en Afrique) ». Le document présente à travers plusieurs dimensions les problèmes auxquels est confronté l’Afrique et les approches de solution pour l’essor du Berceau de l’humanité. L’auteur s’est ainsi servi de son introduction pour poser le diagnostic selon lequel, « L’expérience des 50 ans d’indépendance en Afrique n’est pas satisfaisante ».

 

Les raisons de l’échec des démocraties africaines

L’échec des démocraties africaines est palpable, dira le professeur Pierre Metinhoué, historien,  dans sa présentation technique. Dans la première partie de l’ouvrage, consacrée aux maux qui entravent le rayonnement des démocraties africaines, Me Hounkanrin pointe d’un doigt accusateur les traditions endogènes. La principale raison qui justifie cet échec selon lui, réside dans le modèle politique africain,  peu adapté à l’histoire et au système de nos valeurs traditionnelles. Des propos renchéris et illustré par le professeur Metinhoué qui pense que « L’éducation africaine ne prédispose pas à la démocratie occidentale ». Selon les traditions endogènes, « l’aîné a toujours raison » dit-on et « on ne conteste pas le chef » ; des dispositions qui ne riment pourtant pas avec les principes phares de la démocratie. L’autre facteur défavorable à la paix et la stabilité sur notre continent est « la longévité au pouvoir de certains présidents voire des familles présidentielles ». Il s’en suit généralement une alternance forcée et douloureuse qui plonge certains Etats dans le chaos. Le niveau très bas des indicateurs du développement humain, l’impunité, les conflits, la dictature, la violation des droits de l’Homme, l’analphabétisme sont entre autres les manifestations du malaise démocratique africain. Mais l’auteur ne s’arrête pas là.

 

Le mandat présidentiel unique : le moindre mal pour un continent mal en point

L’état des lieux des systèmes démocratiques africains est source d’interrogations qui méritent des réponses selon Me Hounkanrin, au risque d’assister à l’asthénie générale de l’Afrique. C’est pourquoi il propose la conception d’un modèle démocratique propre à l’Afrique en tenant compte de ses civilisations et de ses besoins. La solution la plus sure pour garantir la paix, étape primordiale pour le développement durable est « d’écourter le séjour des dirigeants à la tête des Etats ». L’alternance politique est alors présentée comme le véritable levier du progrès, en agissant bien sûr pour changer radicalement les habitudes politiques et redynamiser les peuples africains. C’est en effet, le seul moyen de cultiver chez les potentiels candidats aux fonctions présidentielles, la patience et d’accroître leur chance d’accéder un jour à la magistrature suprême. Les conditions de la mise en œuvre de ces réformes systémiques passent par la réduction du taux d’analphabétisme, l’élaboration de programmes politiques, la réformation des partis politiques en axant leur organisation sur des idéologies politiques fortes et une autonomisation financière.

 

Un invité pas comme les autres

Comment ne pas penser au régime du président Talon lorsqu’on évoque la question du mandat présidentiel unique, lui qui en a fait sa promesse de campagne ? Et ce n’est pas un hasard d’avoir aperçu parmi les invités, le ministre de la Justice et garde des Sceaux. Me Joseph Djogbénou n’a pas souhaité rester spectateur au milieu de l’assistance visiblement conquise par la problématique. En tant que voix officielle du gouvernement Talon, il s’est dit totalement d’avis avec la question du mandat unique qui s’inscrit dans la lignée des grandes réformes systémiques amorcées par le gouvernement. Pour être l’un des premiers pays moteurs d’innovations démocratiques et politiques, le Bénin n’est selon lui « pas seulement un pays de transition démocratique mais un porte-flambeau des évolutions politiques et démocratiques ». A l’instar de la Conférence des forces vives de la Nation ou de la question de la constitutionnalité initiées par le Bénin puis repris par d’autres pays dont la France, le ministre de la Justice a souhaité que le mandat unique aussi ait son point de départ au Bénin en ayant le même rayonnement en Afrique et dans le monde.

 

Herman Ahouandé