Présidentielle de mars 2011. Contre toute attente, les prévisions des apprentis sorciers du régime Boni Yayi ont donné avec précisions le score au 1er tour des élections. 53%. Grande débandade dans le camp de l’opposition d’alors qui tente aussi vainement à communiquer sur son probable K.O. Le coup était déjà parti et très loin. Au soir de ce scrutin, les ‘’Sept Sages’’ de la Cour Constitutionnelle ont confirmé le score prédit depuis des lustres. Et le K.O rentra dans l’histoire de la démocratie béninoise. Adrien Houngbédji a subi une défaite quelque peu surprenante et qui lui coupa les herbes sous les pieds, puisque c’était son dernier round. Il l’a gardé au travers de sa gorge comme bon nombre de béninois.
Présidentielle de février 2016. Le même scénario est cette fois-ci lancé comme un ballon d’essai. Du coup tous les Etats-Majors se sont passés le mot et réclament à eux-aussi un K.O. dès le 1er tour, c’est-à-dire au soir du 28 février. Aujourd’hui plus que jamais, ce mot créée une psychose et renvoie à une indigestion d’un scrutin mal organisé, mal accepté et qui aurait dévalué quelque peu notre démocratie. Curieusement et chose rare, chacun se l’approprie. Même les candidats qui n’ont jamais dépassé la barre de 5% veulent faire K.O. comme Boni Yayi en 2011. Le front né des partis PRD, RB, et FCBE, pense mathématiquement à la vue des derniers résultats obtenus lors des dernières consultations, lui donne le droit de rêver, oubliant les défections et les candidatures solitaires et individualistes de certains qui ont participé à ce hold up de 2011. D’autres, par la foule qui s’amasse à chaque meeting extrapolent les chiffres et se proclament déjà président par K.O.
La grande préoccupation des politologues ou analystes politiques du microcosme béninois, réside en cette interrogation : un K.O. est-il possible ? Et dans quel contexte ? Le vote du béninois, reste identitaire et nombreux sont ces candidats qui ont conservé leur fief de base, compte tenu de leur omniprésence sur le terrain. Réaliser un K.O. dans un environnement assez émietté ressemblerait plus à une victoire confisquée ou volée. En l’état actuel de notre démocratie, à moins de créer d’autres frustrations après celles de 2011, autant s’abstenir d’un K.O…








